

À l'entrée de Mazères se cache une oasis de verdure. On aperçoit le corps de ferme, des arbres et haies entourant la maison et au loin les serres. Une pancarte nous accueille : "Bienvenue à la ferme de Garaoutou", puis Mathilde, souriante, vient à notre rencontre suivie d'une poule noire – une convalescente, mise à part du poulailler pour la protéger des attaques des autres.
Il y a cinq ans, Mathilde et Quirin ont acheté ce petit domaine : une maison et deux hectares de terrain qui avait accueilli auparavant des pâturages pour les chevaux des anciens propriétaires. Quirin est ingénieur agronome et Mathilde écologue de formation.
Iels démarrent véritablement l'exploitation il y a deux ans et demi. Si le terrain présente l'avantage de n'avoir connu aucune pollution chimique (permettant ainsi la labellisation en Bio dès le démarrage de l’activité), le sol piétiné par les chevaux demande un travail d'amélioration. Le couple met alors en place des techniques de culture sur sol vivant pour régénérer la terre progressivement.
Aujourd'hui, Quirin se consacre à la ferme à temps plein tandis que Mathilde poursuit son activité de consultante à mi-temps, le temps de développer la rentabilité de l'exploitation. La famille espère pouvoir vivre de la ferme d'ici quatre ou cinq ans.

Le domaine de Garaoutou s'étend sur deux hectares dont 1,2 hectare en culture, organisé selon le modèle du verger-maraîcher, dépourvu de tout intrant chimique et de (presque) toute mécanisation.
Le cheptel de pondeuses est constitué de 70 poules (qui ne devrait pas dépasser 100 à terme), composé pour moitié de poules rousses rustiques et bonnes pondeuses, et pour moitié de Marans, ces très belles poules aux œufs à la coquille marron foncé et à la longévité remarquable. Quelques poules Araucana (œufs verts) et Azur (œufs bleus clairs) complètent le cheptel. Le mélange des différentes variétés crée un joli patchwork de couleurs dans les enclos et dans les boîtes à œufs ! Elles sont réparties dans deux poulaillers : l'un à côté de la maison (50 poules) et l'autre mobile dans les champs (20 poules). Des couloirs grillagés ou avec des filets permettent de les faire sortir sur les espaces enherbés en faisant tourner les zones de pâturage. Leur nourriture est composée à 70% d’un mélange de céréales bios et locales, achetées à des agriculteurs du coin, et à 30% de compléments (bios également) venant de la coopérative.
Fait rare et exceptionnel de nos jours : Mathilde fait naître elle-même les poussins Marans au printemps pour augmenter et renouveler son cheptel, en essayant de faire des croisements et de la sélection. Cette pratique permet d'avoir des lignées résistantes et de s’affranchir peu à peu de la dépendance à la poule rousse industrielle, aujourd’hui omniprésente dans les élevages. Les Marans ne se mettent à pondre qu'au bout de 6 à 7 mois mais peuvent pondre pendant plusieurs années.
Quatre autres ateliers de production complètent l'exploitation :
Les petits fruits (fraises, groseilles, framboises, baies de goji, caseilles, mûres de culture, etc.) qui commence à bien produire.
Les arbres fruitiers (pommiers, poiriers, pruniers, sureaux) plantés en bandes espacées de douze mètres et alternés avec des arbustes et fraisiers pour couvrir le sol, dont la production devrait commencer dans 2 à 3 ans.
Le maraîchage avec la technique des sols vivants (pas de travail du sol, couverture paille et feuilles) dans deux serres arrosées au goutte à goutte grâce à un forage sur le terrain (environ 500 m²) et en plein champ (environ 2500 m²)
La transformation (confitures, jus de fruits, sirops et projet de séchoir)
Une double haie d’essences locales permet de protéger la qualité environnementale du domaine.

Les œufs constituent la production principale proposée à l'AMAP de Pamiers. Les Marans, si elles pondent moins souvent que les rousses, produisent des œufs plus gros et peuvent pondre pendant 3 à 4 ans, ce qui permet de les garder plus longtemps. Il s’agit en outre d’une race « lourde » mi chair-mi ponte, qui peut donner de belles volailles à consommer en fin de ponte (mais pas d’atelier volaille prévu sur la ferme pour l’instant).
Côté végétal, la ferme produit une diversité de légumes d'été et d'hiver, des petits fruits et bientôt des fruits qui arriveront d'ici deux ou trois ans avec la maturation des fruitiers.
La vente de leurs divers produits se fait principalement à la ferme tous les mardis soir sous forme de « drive ».
Pour commander à la ferme : https://www.local.direct/les-jardins-de-garaoutou/categorie/legumes
Mathilde et Quirin livrent aussi auprès de deux AMAP (Pamiers et Saverdun), du groupement de producteurs "Les Croqueurs et Paysans Gourmands" (Mazères), d’un magasin de producteurs à Pamiers, ainsi que, plus ponctuellement, auprès du Drive gourmand de Mazères, et de quelques restaurants et cantines.
Ferme de Garaoutou
Mathilde REDON
Ferme de Garaoutou
09270 MAZÈRES

